Comment concilier apiculture et agriculture dans nos campagnes ?

L’apiculture occupe une place minime dans les élevages mais son incidence sur la flore locale peut être importante. Réciproquement, on sait très bien qu’une des causes du déclin des abeilles est liée aux pesticides utilisés dans l’agriculture intensive. Il serait temps de tenir une réflexion commune sur ces deux activités et voir comment elles peuvent cohabiter en bonne intelligence. Mais avant de savoir comment le faire, tâchons déjà de savoir pourquoi.

Une complémentarité

agriculture-et-apicultureL’apiculture et l’agriculture sont deux domaines différents, qui présentent pourtant un lien particulièrement important : les abeilles. Si vous aviez sauté vos cours de sciences naturelles, sachez que les abeilles jouent un rôle primordial au niveau de la pollinisation, permettant aux plantes de se reproduire, et ainsi d’assurer dans un premier temps la survie de la flore, et dans un second temps la survie de tout être vivant, dont nous, les Humains.

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Alors concrètement, comme nous le précise le gérant du site Luberon Apiculture, une abeille voyage d’une fleur à l’autre, se frotte aux étamines et récolte le pollen. Ensuite, elle va transporter (inconsciemment) ce dernier sur d’autres fleurs, ce qui permettra la fécondation, la production de graines et de pépins, de noyaux, etc., et finalement donner naissance à de nouvelles plantes. D’un côté donc, les abeilles assurent la survie des plantes. De l’autre côté, une partie du pollen récolté par les abeilles leur servira pour leur survie (alimentation), ce qui garantira en retour la production de miel.

En d’autres termes, l’apiculture et l’agriculture sont deux domaines complémentaires. Maintenant, pourquoi concilier les deux ? Car il peut être intéressant d’exploiter cette complémentarité, surtout que nos campagnes le permettent. L’idée est alors de laisser la nature œuvrer, ce qui pourrait aboutir à une meilleure qualité de production : des abeilles en pleine forme car bénéficiant d’une nourriture naturelle, une plantation également en pleine forme car les plantes et leurs fleurs sont régulièrement butinées par les abeilles.

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Une expérimentation dans l’Aube

Actuellement, le groupe coopératif agro-industriel Vivescia est en train de mener une expérimentation sur le territoire de l’Aube, dans des champs de colza. Cette étude, qui a déjà duré plusieurs années et qui se terminera fin 2014, veut montrer l’impact des insectes polinisateurs et particulièrement les abeilles dans la productivité des cultures. Pour ce faire, le groupe a essayé de placer deux à trois ruches par hectare, afin que les résultats soient bien significatifs. D’après Pierre Testu, représentant du réseau biodiversité pour les abeilles, « un hectare de jachère apicole vaut deux hectares de jachères normales… ».

Jean-Paul Heyrman, président du syndicat apicole de l’Aube, a aussi tenu à préciser que « l’idée est de réconcilier les apiculteurs et les agriculteurs, en montrant que des gains de productivité sont possibles des deux côtés, rendements de colza pour les uns, et éléments nutritifs pour les abeilles pour les autres ». Apiculteurs et agriculteurs peuvent (doivent) ainsi se tendre la main et profiter de ce système naturel gagnant-gagnant. Les agriculteurs pourraient aussi se lancer dans l’apiculture en parallèle, pour améliorer leurs rendements. Les résultats de cette expérimentation seront ainsi dévoilés d’ici début 2015.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que pour garantir la bonne santé des abeilles, il faudra bien faire une croix sur (ou limiter autant que possible) l’utilisation de pesticides nuisibles aux abeilles, dans les champs à proximité des ruches.

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