Les chansons d’Ariana Grande qui évoquent Mac Miller

Mac Miller a toujours occupé une place singulière dans le cœur d’Ariana Grande. D’abord simplement amis, complices après une première collaboration au tout début de la carrière d’Ariana, les deux artistes se retrouvent quelques années plus tard en 2016. Cette fois, leur relation prend des couleurs différentes et devient amoureuse. Deux années intenses les réunissent, avant une rupture annoncée en 2018. Quelques mois plus tard, le choc : Mac Miller meurt subitement d’une overdose. Depuis, Ariana Grande n’a jamais vraiment cessé d’évoquer cette histoire dans sa musique, jusqu’à rendre hommage à ce lien dans plusieurs de ses titres les plus personnels. Sur son cinquième album studio, Thank U, Next, il y a « Ghostin ». Ce morceau, moins mis en avant que d’autres sur les plateformes ou dans les classements, prend pourtant une place à part pour de nombreux auditeurs. Les émotions à fleur de peau sortent des mots : Ariana s’adresse à son ex-fiancé Pete Davidson, avouant la difficulté de se détacher de la présence persistante de Mac Miller, ce « fantôme » qui s’invite dans leur quotidien. Les paroles sont sans détour : “Bien que j’aimerais qu’il soit ici à la place / Ne veux pas que ça vive dans ta tête / Il vient juste me rendre visite. Quand je rêve de temps en temps (Et puis).” Avant la sortie de l’album, Ariana expliquait que « Ghostin » parlait de la douleur ressentie envers la personne qui partage sa vie tandis que son cœur reste irrésistiblement attiré par un autre, une situation cruellement transparente pour tous les protagonistes.

« Imagine »

L’album Thank U, Next offre d’autres morceaux où l’ombre de Mac Miller s’insinue. Dans « Imagine », tout dans l’ambiance et la mélodie semble ramené à son souvenir. Dès les premiers vers, on sent qu’Ariana Grande évoque un amour d’une pureté inatteignable, rendu impossible par la réalité. “Click, click, click and post / Drip-drip-dripped in gold / Quick, quick, quick, Let’s go / Embrassez-moi et enlevez vos vêtements… Imaginez un monde comme celui-là.” Si le texte ne mentionne jamais Mac Miller, Ariana a confié que ce titre parle de la nostalgie d’un amour qui n’existe plus, d’une sorte de paradis perdu. En miroir, un simple rapprochement avec les mots de la chanson « Cendrillon » de Mac Miller, sortie en 2016, révèle l’intensité du manque. On n’est pas dans le pathos, plutôt dans cette lucidité blessée qui accompagne souvent un deuil impossible.

« Better Off »

Certains morceaux sèment des indices sans tout nommer. Sur Sweetener, « Better Off » raconte une histoire d’amour devenue source de tourments. Là encore, aucune mention explicite. Pourtant, le contexte est limpide pour ceux qui suivent la trajectoire de la chanteuse. À l’époque de cette sortie, Ariana évoquait déjà la période difficile qu’elle venait de traverser avec Mac Miller, partageant ses états d’âme à demi-mot. Rapidement, les fans ont décortiqué chaque parole, chaque soupir inscrit dans la chanson. Les allusions, si elles ne relèvent pas du mystère, constituent une part de la cicatrice laissée par cet amour écorné.

« Everytime »

Autre confession poignante sur l’album Sweetener : « Everytime ». Ici, pas de place pour l’ambiguïté, le texte assume la difficulté de s’arracher à une passion chaotique. Ariana chante sans filtre : “You get high and call on the regular / I get weak and fall as a teenager / Why, oh why God continue me / Retourne à toi ?” Impossible de ne pas reconnaître ici la douleur de voir quelqu’un qu’on aime lutter contre ses propres démons, et l’épuisement qui finit par séparer malgré l’attachement. Ceux qui connaissent l’histoire voient immédiatement l’écho de Mac Miller et celui d’une séparation imposée plus que voulue. Les mots sonnent justes, porteurs d’un vécu qui parle à quiconque a déjà connu ce type de spirale amoureuse.

« Just Like Magic »

« Just Like Magic », tirée de l’album Positions, livre un message subtil mais chargé de sens. Ariana Grande y dépose une ligne presque anodine : “Take my pen and write some love letters to Heaven”. Pour beaucoup, cette phrase n’est pas innocente. Les fans, sur les réseaux sociaux, y lisent comme un salut envoyé à Mac Miller, ces petits mots qu’on adresse à ceux qu’on a perdus et qu’on ne cessera jamais, au fond, de rejoindre en pensée. La chanteuse ne précise rien, mais la résonance est immédiate pour ceux qui connaissent le fil de son histoire.

« Off the Table »

Jusqu’à aujourd’hui, Ariane Grande ne tente pas d’effacer le passé. Sur « Off The Table », son duo avec The Weeknd, la chanteuse pose la question qui hante tous ceux qui ont aimé fort, puis perdu brutalement. Peut-on retrouver un amour qui ait le même goût après une telle absence ? Les doutes s’étalent sans fard : “Vais-je un jour aimer de la même façon à nouveau ? / Est-ce que je vais aimer quelqu’un comme je vous l’ai fait ? / Je n’aurais jamais pensé que vous seriez si difficile à remplacer / Si je ne peux pas vous avoir, l’amour est-il complètement hors de la table ?”

Dans une interview à Vogue, Ariana Grande est revenue un an après la disparition de Mac Miller sur l’impossibilité de tourner la page complètement. Elle parlait d’un chagrin profond, ingérable, d’une tentative de recoller les morceaux alors que tout semble se désagréger. “Ce n’était pas parfait, mais c’était la meilleure personne que j’aie connue. Il ne méritait pas les démons avec lesquels il se battait. J’ai tenu bon pendant longtemps, puis j’ai fini par lâcher prise. Les morceaux sont restés éparpillés.”

Derrière ces mots et à travers ses chansons, Ariana Grande fait de Mac Miller une présence qui défie l’oubli. Leurs trajectoires continuent de s’entrecroiser à chaque nouveau titre, preuve que certaines histoires ne s’écrivent jamais qu’au présent, même après le dernier refrain.